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Nouvelle publication "Production de l’équipement en os et en coquille sur le site épipaléolithique d’Ali Tappeh en Iran"

par Myriam Méziou - publié le

L. Manca, M. Mashkour, S. Shidrang, A. Averbouh, F. Biglari, 2018. Bone, shell tools and ornaments from the Epipalaeolithic site of Ali Tappeh, East of Alborz Range, Iran. Journal of Archaeological Science : Reports - Volume 21, October 2018, pp. 137-157

L’étude de l’industrie en matières dures d’origine animale (MDA) de la grotte d’Ali Tappeh, située sur les rives sud-orientales de la mer Caspienne et daté autour de 13450 - 11750 cal. BP, apporte des éclairages nouveaux sur les modes de vie de ces populations de l’Epipaléolithique du Moyen Orient iranien et leurs systèmes techno-économiques fondés sur l’exploitation de matières autres que lithiques. En effet, elle est fondée sur une analyse technologique de l’ensemble de l’industrie et tracéo-fonctionnelle de l’équipement ce qui, à terme et en l’élargissant à d’autres sites, permettra de combler nos lacunes sur la connaissance des principes techniques mis en œuvre pour transformer ces matières premières dans la région et sur ceux, socio-économiques, présidant à leur exploitation dans le sens le plus complet du terme (des conditions d’acquisition des MDA à l’implication des différents types d’objets dans les activités du groupe).
Une étude du matériel en coquille et en os est actuellement en cours. Dans le premier cas, une première dizaine de pièces dont des déchets de fabrication (n = 4), des supports bruts (n= 2), des blocs bruts (n = 2) et des objets finis (n= 4), a permis d’identifier les seules deux espèces exploitées - Didacna et Cerastoderma - collectées sur le littoral et transformées en objet de parure (à l’exception d’une coquille utilisée brute pour racler des peaux). Trois schémas, liés chacun à une production spécifique, ont été identifiés : 1) débitage par fracturation de la coquille, parfois préalablement chauffée, probablement liée à la production de perles discoïdes ; 2) façonnage direct par régularisation et perforation de coquilles de forme elliptique pour la fabrication de pendentifs ; 3) façonnage direct par perforation pour la production de pendentifs. Des processus de transformation similaires sont attestés dans un certain nombre de sites épipaléolithiques et néolithiques du Caucase et du Proche-Orient, suggérant une unique « ambiance technique » macro-régionale dont Ali Tappeh serait l’un des plus anciens témoins.
Le second groupe, l’industrie en os, ne compte pour l’instant que 2 objets finis (l’un à biseau distal, l’autre appointé) aménagés sur des supports allongés dont l’un présente des bords rainurés liés au débitage (mais sans autre éléments de la chaîne opératoire, on ne peut conclure à l’emploi du débitage par extraction par rainurage) et l’autre, une surface couverte de stries de raclage vraisemblablement liée au façonnage.

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