Partenaires

CNRS


Rechercher


Accueil > Annuaire

GROUARD Sandrine

Précolombien - Caraïbes - Biodiversité insulaire

Muséum national d’Histoire naturelle
UMR 7209 du CNRS
Archéozoologie, Archéobotanique : sociétés, pratiques et environnements
case postale 56
55 rue Buffon
75005 Paris (France)
33(01) 40 79 32 06

grouard@mnhn.fr

Statut

Maître de conférences

Thèmes de recherche développés

Définition de l’identité des populations précolombiennes de la Caraïbe, par l’histoire des interactions entre les sociétés humaines et les populations animales, au cours des différentes périodes du peuplement des îles, entre 5000 BC et 1600 AD.

Biogéographie insulaire des Petites Antilles et impacts anthropiques : inventaire des faunes, remplacements d’espèces, introduction et extinctions préhistoriques et historiques entre 25 000 BC et l’actuel.
60 sites archéologiques étudiés, soit 500 000 restes et 340 taxons inventoriés (poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux, mammifères, crustacés, echinodermes).

Apport de données paléo-écologiques sur les Dom-Tom et contribution aux inventaires d’espèces et aux collections du Muséum.

Points forts des activités de recherche

Caractérisation chronologique de la vie quotidienne des Précolombiens de l’Arc antillais : alimentation, économies de subsistance et systèmes techniques

Jusqu’en 2007, la Guadeloupe et la Martinique étaient au centre de ma recherche. L’élargissement des terrains étudiés, par l’intégration de nouvelles îles (Saint-Martin, Antigua et Barbuda, Marie Galante, la Désirade) et de nouvelles périodes, notamment l’âge Mésoindien (pré-céramique 2000 - 500 av.J.-C.) et l’âge Néoindien (céramique ancien 400 av. à 550 ap. J.-C. et récent 800 à 1500 ap. J.-C.). Des synthèses ont ainsi pu être produites, notamment sur l’évolution de la pêche à travers le temps et sur le concept de chaîne opératoire d’un sous-système technique, celui de l’exploitation des animaux marins.

Programme « Comparative Island Ecodynamics Project (CIE) », dirigé par Pr. Sophia Perdikaris CUNY Brooklyn College, NY. Ce projet intègre des données de l’archéologie, de la paléoécologie et du paléoenvironnement à une échelle trans-régionale, dans la perspective de la mise en évidence de la résilience des interactions Homme-Environnement à long terme (human ecodynamics) : Barbuda, Iceland, Groenland.

Le complexe Troumassoïde de Macabou, sur la côte orientale sud de la Martinique (commune du Vauclin) s’inscrit dans une recherche sur les occupations céramiques précolombiennes tardives : apports culturels par des interactions avec l’Amérique du Sud, les Grandes Antilles ou évolutions locales du Saladoïde ?

Direction de la « Fouille programmée pluriannuelle (2005-2010) du site archéologique post-Saladoïde de Macabou (site n°97231001 AP, Commune du Vauclin, Martinique, France) : cultures du Troumassan Troumassoïde récent, Suazan Troumassoïde ancien et récent (900 - 1500 ap. J. C.) ». DFS et publication prévues pour fin 2012.

Place symbolique des animaux dans les sociétés précolombiennes

Certains taxons peuvent à présent être extraits et étudiés d’un point de vue régional et trans-culturel : les chiens, les rats piloris, Les chauve-souris, les iguanes, les anolis et les grenouilles par exemple. Ils font l’objet d’une étude biométrique, voire morphométrique, d’une description anatomique précise. Enfin, leurs relations aux Amérindiens précolombiens des Antilles sont étudiées sous un angle également symbolique et anthropologique.

Détermination de la fonction des sites archéologiques par leur économie de subsistance

Les périodes Coloniales (1493-1900 ap. J.-C.) sont à présents inclues par l’entremise de fouilles de sauvetage et d’encadrement de Masters. Les restes de faune permettent à présent d’interpréter la fonction des structures associées aux habitations historiques des Petites Antilles, par le type de rejets, notamment une précision sur l’alimentation des artisans, des plantations et des villages d’esclaves.

Peuplements continentaux

De même, des amas coquilliers du Nicaragua (côte Caraïbe), du Brésil (Baie de Santos) et de la Guyane sont en cours d’étude. Le grand nombre d’écosystèmes exploités, la richesse et la diversité des assemblages indiquent que les groupes humains avaient une économie de subsistance généraliste et opportuniste, avec une gestion saisonnière des ressources et une augmentation de l’exploitation des ressources dulçaquicoles au cours du temps.

Dépôts pléistocènes et holocènes des abris karstiques : espèces autochtones, natives et endémiques

Exception faite de l’intérêt historique porté aux cavités des îles de Saint-Martin et d’Anguilla pour la découverte de restes de rongeurs géants (Amblyrhiza inundata) et la datation récente de la disparition de ce taxon, la connaissance du peuplement animal ancien des îles se limite aux Grandes Antilles et à l’étude de quelques sites des petites Antilles supposés d’âge pléistocène. Or, il s’avère que l’enregistrement fossile des dépôts documente l’Histoire du peuplement animal de la Guadeloupe non seulement d’un point de vue écologique (pour déterminer le peuplement originel de l’archipel et son histoire, et notamment les grandes modifications paléoclimatiques de l’archipel depuis 30 000 ans), mais également archéologique. En effet, la connaissance du peuplement animal précédant toute occupation humaine participe de la connaissance de l’environnement qu’ont rencontré les premiers Amérindiens, les premières occupations de la période précéramique et qui restent difficiles à apprécier par le seul registre archéologique, dus aux biais de prélèvements différentiels anthropiques et de conservation différentielle.

L’association de sites en cavités à proximité de villages de plein air très étendus pose la question de la relation entre sites en grotte et habitat entre espèces animales de cavité et de plein air, selon trois angles : la contemporanéité ou la diachronie des occupations, la complémentarité fonctionnelle des différents sites (il s’agit de déterminer quelles activités ont été effectuées dans chacun des sites et si elles s’insèrent dans une structure symbolique de l’espace périphérique au site d’habitat), ainsi que les relations entre Amérindiens et Animaux.

Pour traiter cette question, quatorze assemblages de faune précédant la découverte de l’archipel par l’homme ou associés à des dépôts archéologiques ont été étudiés. Une attention particulière a été portée à la fréquentation amérindienne des cavités des Petites Antilles afin de révéler la multiplicité des usages du milieu souterrain au-delà des seules pratiques d’ornementation des cavités.

Ainsi, les premiers résultats indiquent un schéma très intéressant de remplacement des faunes vertébrées entre les niveaux pléistocènes (avec la présence de taxons non encore décrits sur la Guadeloupe, comme certains chiroptères, serpents et lézards), ceux du début de l’Holocène, avec l’avancée du niveau marin et l’arrivée de faunes tropicales (on assiste alors à une explosion de biodiversité chez les Chiroptères et les Squamates), puis les niveaux Précéramiques, avec une anthropisation des paysages (lié à une utilisation ponctuelle des îles) et une ouverture du milieu de plus en plus xérophile (les taxons vertébrés sont de plus en plus inféodés aux milieux sableux et arides), puis Néoindiennes, avec une introduction de nombreuses espèces terrestres (rongeurs du Nouveau Monde, chiens, etc.), puis coloniale, avec l’introduction du cheptel domestique de l’Ancien Monde et de ses rongeurs commensaux.

Programme « Fréquentation animale et humaine des cavités de Guadeloupe ». Financé par : Service Régional de l’Archéologie de Guadeloupe, Direction Régionale de l’Environnement de Guadeloupe, Région Guadeloupe Service Patrimoine, MNHN ATM Biodiversité.
- Co-Direction avec A. Lenoble, P. Fouéré, P. Courtaud, du PCR (2010-2013) Cavités naturelles de Guadeloupe : aspects fauniques, archéologiques et géologiques. Axe 1 : histoire du peuplement animal de l’archipel, Axe 2 : fréquentation précolombienne des grottes, Axe 3 : fonctionnement des cavités" ;
- Co-direction avec A. Lenoble du Programme de Recherche (2007-2009) « Évaluation du potentiel des sites naturels et archéologiques de contexte karstique pour la caractérisation des étapes du peuplement animal de l’archipel guadeloupéen ».

Remplacements d’espèces : introductions, disparitions, extinctions

Si l’on observe le schéma historique de biogéographie des vertébrés terrestres insulaires des Petites Antilles, en prenant en compte trois îles à titre d’exemple : Guadeloupe, Saint-Martin et Martinique, le constat est partout le même : le taux d’introduction de nouvelles espèces est extrêmement important. La biodiversité des vertébrés terrestres augmente de 290 à 319 espèces en Guadeloupe, 233 à 256 à Saint Martin et 265 à 306 en Martinique. Ce qui correspond en moyenne à 10 % d’espèces en plus qu’avant l’arrivée des premiers hommes. Or, il s’agit systématiquement de réserves de viande ou de chasse d’animaux domestiques du vieux continent. Or, l’insularité induit un taux d’endémisme important. A chaque nouvelle colonisation humaine de l’archipel, des extinctions de faunes vertébrées ont accompagné ces introductions. Or, il s’agissait d’espèces endémiques, uniques et fragiles. Ainsi, le remplacement d’espèces a homogénéisé la biodiversité à l’échelle de l’archipel, ce qui peut être considéré comme une crise de la biodiversité de la Caraïbe insulaire actuelle.

Cette recherche permet de documenter différents mécanismes : colonisations naturelles, introductions (volontaires ou non), extinctions ou disparitions dues aux activités humaines (chasse et piégeage, mais aussi défrichement et anthropisation des milieux) et notamment, des espèces endémiques. A l’échelle micro-régionale, ces résultats permettent de documenter les fluctuations d’abondance des espèces et de préciser la répartition de taxons aujourd’hui disparus ou raréfiés dans ces régions. Enfin, cela permet de mettre en relation les bouleversements faunistiques avec les principales transformations provoquées par l’arrivée des premiers hommes sur les îles et l’anthropisation des paysages.

Programme de recherche « Biodiversité et exploitation des faunes côtières holocènes dans les Antilles » financé par le Programme Pluriformation (PPF) : « Evolution et structure des écosystèmes », MNHN 2007
Programme de recherche "Peuplement animal quaternaire de l’archipel antillais (fouilles et analyses)" financé par l’Action Transversale du Muséum "Biodiversité actuelle et fossile. Crises, stress, restaurations et panchronismes : le message systématique ", MNHN. 2008-2009
Détermination culturelle d’un site archéologique par le spectre de faune
Par conséquent, et c’est un résultat majeur, les restes de faune ne servent plus uniquement à illustrer les modes de vie des Précolombiens, mais permettent à présent de dater chrono-culturellement et biostratigraphiquement les installations archéologiques, en l’absence de d’artefacts manufacturés qui pourraient caractériser culturellement les niveaux.

Production scientifique

Éditions d’ouvrage collectif

- Béarez, Philippe, Sandrine Grouard, and Benoît Clavel 2008 Archéologie du poisson : 30 ans d’archéo-ichtyologie au CNRS. Hommage aux travaux de Jean Desse et Nathalie Desse-Berset. Actes des XXVIIIe Rencontres Internationales d’Archéologie et d’Histoire d’Antibes - XIVth ICAZ Fish Remains Working Group Meeting. Editions APDCA, Centre d’Études, Préhistoire, Antiquité, Moyen Âge, Ville d’Antibes.

Chapitres d’ouvrages ou de monographies à Comité de lecture

- Grouard, Sandrine 2010 - Caribbean Archaeozoology. In Estado actual de la Arqueozoología Latinoamericana / Current advances in Latin-Americanarchaeozoology, edited by Guillermo Mengoni Goñalons, Arroyo-Cabrales Joaquin, Oscar J. Polaco, and Felisa J. Aguilar, pp. 133-152. Instituto Nacional de Antropologia e Historia, Consejo Nacional de Ciencia y Tecnologia, International Council for Archaeozoology, Universidad de Buenos Aires, Mexico.
- Grouard, Sandrine 2011 - L’occupation Amérindienne céramique tardive du sud de la Martinique : exploitation d’un territoire côtier. In Peuplements et Préhistoire en Amériques, edited by Denis Vialou, pp. 313-330. Editions du Comité des Travaux Historiques et Scientifiques, Paris.
- Grouard, Sandrine sous presse 2011. Chapitre 7. La faune vertébrée du site mésoindien. In Les gisements précolombiens de Baie Orientale : campements du Mésoindien et du Néoindien sur l’île de Saint-Martin, edited by Dominique Bonnissent, pp. 6 pages, 2 tabl. 2 figs. Documents d’Archéologie Française 107.

Articles dans revues de rang A indexée ISI

- Lenoble, Arnaud, Patrice Courtaud, Christian Stouvenot, Sandrine Grouard, Maïlys Scalliet, and Nathalie Serrand 2010 Forme et remplissage du karst littoral guadeloupéen. Le karst, indicateur performant des environnements passés:226-233.

Articles dans revues internationales ou nationales sans Comité de lecture

- Grouard, Sandrine 2007 - Modes de vie des Précolombiens des Antilles françaises. Synthèse des données archéozoologiques. Les Nouvelles de l’Archéologie - Dossier : Archéologie des départements français d’Amérique 108-109:91-101.
- Grouard, Sandrine 2010 - Opération 2007 de fouille programmée sur le site Précolombien de Macabou (site n°97231001 AP). Bilan Scientifique Martinique. Ministère Culture, Sous-Dir° Archéologie 2007:11-13.
- Grouard, Sandrine 2010 - Opération 2008 de fouille programmée sur le site Précolombien de Macabou (site n°97231001 AP). Bilan Scientifique Martinique. Ministère Culture, Sous-Dir° Archéologie 2008:5 p., 6 figs.
- Grouard, Sandrine, and Nathalie Serrand 2008 Opération 2005 de fouille programmée sur le site Précolombien de Macabou (site n°97231001 AP). Bilan Scientifique Martinique. Ministère Culture, Sous-Dir° Archéologie 2005:22-29.
- Grouard, Sandrine, Nathalie Serrand, and Benoît Bérard 2010 Opération 2006 de fouille programmée sur le site Précolombien de Macabou. Bilan Scientifique Martinique. Ministère Culture, Sous-Dir° Archéologie 2006:11-14.
- Lenoble, Arnaud, and Sandrine Grouard 2010 Faune des cavités, phase 1 : Grande-Terre - Marie Galante - La Désirade. Bilan Scientifique Guadeloupe. Ministère Culture, Sous-Dir° Archéologie 2006-2008:125-126.
- Lenoble, Arnaud, Sandrine Grouard, and Alain Queffelec 2010 Faune des cavités, phase 2 : Grande-Terre - Marie Galante - La Désirade. Bilan Scientifique Guadeloupe. Ministère de la Culture, Sous-Dir° Archéologie 2009:2 pages.

Responsabilités administratives et scientifiques

- Depuis 2004 - Responsable « enseignement » dans l’UMR 7209 et coordination avec le Master MNHN.
- Depuis 2004 - Resp. Sandrine Grouard (MNHN) & Jean-Denis Vigne (CNRS) : Responsables du Parcours "Environnement et histoire des sociétés" de la spécialité "Quaternaire et Préhistoire : Paléoenvironnements, Lignée humaine, Histoire des Sociétés"

Activités scientifiques

Encadrement de Master.