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Journée d’étude "Le Cheval, de la domestication à l’élevage"

par Myriam Méziou - publié le

La société d’ethnozootechnie (SEZ) et l’association L’homme et l’animal société de recherches interdisciplinaires (HASRI) organisent une journée d’étude dont le thème est : "Le Cheval, de la domestication à l’élevage".
Elle aura lieu à Paris le jeudi 24 novembre 2016 dans la grande salle du Bâtiment d’Entomologie du Muséum, au 43 rue Buffon 75005 PARIS de 9h30 à 17h30.

Programme de la journée

9H30 10H INTRODUCTION

1 - François JACQUESSON
Une cartographie des noms du cheval, avec quelques réflexions "historiques"
"Nous présenterons une distribution géographique des noms pour le ’cheval’ (et quelques mots thématiquement associés comme ’jument’, ’poulain’) de l’Europe et la Méditerranée à l’Asie Centrale. Et nous essaierons, avec l’aide de données anciennes connues, de donner une forme à une histoire des mots."

2 - Bertrand LANGLOIS
Le cheval dans les religions primitives
Il nous est paru original et intéressant de rapprocher ce que dit René Girard d’une part, de l’inventaire des sacrifices de chevaux les plus anciens réalisé par notre regretté collègue Marc André Wagner d’autre part.
Nous ferons dans un premier temps un condensé de l’hypothèse de René Girard pour les aspects qui nous concernent à savoir la domestication et le sacrifice voire la communion communautaire à travers la consommation.
Nous rappellerons dans un second temps l’histoire de l’homme et du cheval à travers la chasse paléolithique, puis les sacrifices de chevaux tels qu’ils nous sont parvenus depuis les temps les plus reculés.
C’est un travail de compilation émaillé de quelques commentaires et interprétations nouvelles.

3 - Ludovic Antoine Alexandre ORLANDO
La domestication du cheval vue par l’ADN ancien
Bien que toujours difficiles à isoler, les rares molécules d’ADN préservées dans les matériels fossiles peuvent nous livrer un grand nombre d’information sur notre passé. A l’heure du big data et ou les technologies de séquençage de l’ADN sont toujours plus rapides et massives, il devient possible de reconstituer l’histoire des changements génétiques qui ont accompagné la domestication du cheval tout au long des derniers millénaires. Et ainsi, de suivre comment la conquête de notre plus noble compagnon s’est mise en place et a changé l’histoire de nos civilisations.

4 - Eric BARREY
Synthèse sur les gènes d’intérêt en relation avec l’aptitude à l’exercice.
Le cheval est principalement utilisé pour son aptitude motrice et sportive. Les facteurs génétiques de l’aptitude sportive ont d’abord été mis en évidence par les outils statistiques de génétique quantitative. Maintenant avec l’énorme essor de la génomique, les gènes qui déterminent une part de l’aptitude à l’exercice ainsi que leurs régulations sont progressivement découverts. Les maladies multifactorielles qui entravent la bonne aptitude à l’exercice telles que les myosites et l’ostéochondrose sont aussi étudiées par la génomique pour mettre en évidence les gènes ou autres facteurs génétiques responsables d’abord dans un but de diagnostic puis peut-être ultérieurement pour un objectif thérapeutique.

12h à 14h PAUSE DÉJEUNER

5 - Carole FERRET
Chevaux, Rennes et Vaches en Iakoutie : Trois configurations de domestication et d’élevage
Regard sur les techniques de domestication et d’élevage du cheval en comparant non pas plusieurs types d’élevages équins en divers lieux, mais les élevages de plusieurs espèces en un même lieu afin de dégager certaines spécificités de la relation homme-cheval.
Situés à l’extrémité nord-est de l’extension du monde turc, les Iakoutes ont adapté le système pastoral des steppes à un milieu de taïga, caractérisé par un climat continental d’une rigueur inouïe. Cela a donné lieu à des configurations d’élevage différentes suivant les caractéristiques des trois principales espèces élevées : chevaux, rennes et vaches. Tandis que les bovins sont gardés dans des étables pendant la saison froide, chevaux et rennes paissent en liberté l’année durant. L’élevage iakoute du cheval représente même actuellement un cas limite de domestication. En dépit des différences qui séparent ces trois élevages, des techniques et des outils ont pu être empruntés et adaptés d’une espèce à l’autre. A partir d’enquêtes de terrain menées en république Sakha (Iakoutie) entre 1994 et 2015, il sera montré que si rennes, chevaux et vaches semblent se placer à des niveaux croissants sur l’échelle de la domestication, les marqueurs de domesticité (intensité du nourrissage, du gardiennage, contrôle de la reproduction, apprivoisement, dressage et travail), qui reflètent des liens de proximité et de dépendance unissant les animaux aux hommes, ne varient pas toujours parallèlement.
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6 - Eric PALMER
Reproduction du cheval ; interférences humaines
À ‘l’état sauvage les chevaux se reproduisent efficacement par petits groupes de femelles, harem d’un étalon, les mâles excédentaires vivant en groupes de célibataires. Les interventions de l’homme ont consisté à séparer l’usage de l’élevage et à sélectionner des reproducteurs dont on espère plus de descendants.
Pour atteindre ces buts il a développé un certain nombre de techniques qui interfèrent avec la reproduction : Castration, Production d’hybrides, Conduite de la reproduction, biotechnologies telles que l’insémination artificielle, le transfert d’embryons, la fécondation in vitro et le clonage. Avant la mondialisation, l’intervention de l’homme a permis le développement de nombreuses races extrêmement diverses, mais aujourd’hui la sélection mondialisée pour un petit nombre d’objectifs réduit la biodiversité de l’espèce. Toutefois, les biotechnologies permettent de constituer des banques génétiques pour pallier cet appauvrissement.

15H30_16H00 PAUSE

7 - Elise ROUSSEAU
Cheval domestique : une biodiversité riche mais menacée
A partir d’une espèce sauvage très homogène, l’homme a créé une espèce domestique aux races très diverses. Taille, corpulence, poils, allures, etc., plus de 540 races de chevaux existent de part le monde, et environ 567 si l’on compte différents types ou populations qui ne sont pas véritablement des races. Chacun de ces différents chevaux n’existe que parce que l’homme en a décidé. Certaines races, peu connues, sont très surprenantes, avec des poils et des crins très frisés ou des oreilles recourbées. Mais par le biais d’une uniformisation mondiale et d’une perte des usages, cette biodiversité équine est aujourd’hui en danger. Une grande majorité des races est désormais à petits effectifs. Cette communication propose un état des lieux de la diversité des races de chevaux domestique en 2016.

8 - Sébastien LEPETZ
De la domestication à l’omniprésence. Évolution de la place du cheval à l’âge du Bronze en Asie centrale et en haute Asie.
La domestication du cheval est intervenue tardivement. Les travaux cherchant à en définir les traces les plus anciennes la situent au 4e millénaire avant notre ère, quelque part entre l’Ukraine et les montagnes de l’Oural. L’animal est rapidement devenu omniprésent livrant sur certains sites archéologiques d’Asie centrale des centaines de milliers d’os. Le site de Botaï au nord du Kazakhstan est de ce point de vue symptomatique de l’importance qu’il a pris dans les sociétés pasteurs de cette région du monde. Plus à l’est, dans les montagnes de l’Altaï, et notamment en Mongolie, les recherches menées sur l’âge du Bronze le désignent comme un des acteurs majeurs des pratiques funéraires et rituelles au point que certaines tombes sont associées à des centaines de crânes d’équidés."

9 - Laetitia BERTIN
Les équidés du clos ’’Ugnac (Aude) : Force de travail, ressource carnée et source de matière première, au moyen-âge.
Le site du Clos d’Ugnac (Trèbes près de Carcassonne) a révélé une occupation datée du Néolithique au Moyen Age Central. L’occupation principale étendue du 9ème au 14ème siècle se développe sur l’ensemble de l’emprise (18 000 m²). Elle a livré de nombreuses structures comprenant : un système viaire, du bâti, des structures artisanales, des structures agraires (fosses et silos) et deux sépultures. Ces structures renfermaient des restes de chiens, de renards, de chats, de chevreuils, de cerfs, de sangliers, de poissons (Squalius cephalus), de cistudes d’Europe, de crapauds calamite, de crapauds épineux, de mulots à collier, de taupes d’Europe, de lapins, de lièvres, d’oiseaux, de bœufs, de moutons, de chèvres, de porcs, de chevaux, d’ânes et de mules. L’étude archéozoologique a mis en évidence l’utilisation des équidés, grâce à l’étude des traces anthropiques et des lésions osseuses. Ces animaux ont été utilisés à des fins alimentaires, artisanales, et comme bêtes de somme.

- 17H00-FIN
PS : Toute la journée une table permettra aux participants d’acquérir les derniers ouvrages concernant les conférenciers