Partenaires

CNRS


Rechercher


Accueil > À la une

L’homme, ses animaux et leurs parasites : une longue histoire se dévoile

par Christine LEFEVRE - publié le

Article de Françoise LE MORT et Marjan MASHKOUR

Avec la participation de Cécile CALLOU et Jean-Bernard HUCHET

La paléoparasitologie est née dans les années 60 de la rencontre de deux disciplines, l’archéologie et la parasitologie. C’est un domaine de recherche en plein développement, qui contribue à la compréhension des interactions entre les sociétés du passé et leur environnement et à la reconstitution des comportements alimentaires et de l’état sanitaire des populations du passé. Il peut aussi permettre la mise en évidence de migrations de parasites à travers la mobilité des animaux et des hommes.

Au cours des fouilles archéologiques, des restes d’ectoparasites (poux, tiques, puces, ergot du seigle…) ou d’endoparasites (œufs fossilisés de vers…) peuvent être collectés, notamment dans les cimetières et les latrines qui font partie des lieux propices à ce type de découverte. Des études ont, par exemple, démontré que des parasites bien connus comme le ténia, infestaient déjà les hommes au 8e millénaire av. J.-C., dès les débuts de la domestication animale.

Ce champ de recherche intéresse de plus en plus les archéologues, les archéozoologues, les archéobotanistes et les anthropologues biologistes, comme le montre la publication récente d’un numéro spécial de l’International Journal of Paleopathology consacré à la paléoparasitologie, dans lequel figure un dossier édité par Françoise Le Mort (CNRS, UMR Archéorient) et Marjan Mashkour (CNRS, UMR Archéozoologie, archéobotanique). Les articles publiés dans ce dossier brassent des sujets aussi variés que l’histoire des maladies infectieuses, les ectoparasites infectant les oiseaux retrouvés dans un site de production d’édredons daté du XIXe siècle en Islande, les puces d’un chien momifié égyptien de la période romaine, les mauvaises conditions de vie imposées aux Amérindiens du Brésil par les colons européens qui favorisaient la transmission de maladies parasitaires ou encore les nouvelles pathologies apparues en Amérique du Sud au moment de la conquête. A travers une étude diachronique, les preuves de la distribution mondiale du ténia du poisson, dont les plus anciens témoignages ont été retrouvés dès 12 000 av. J.-C. dans l’ancien monde sont également présentées. De même, la découverte de parasites vieux de 30 000 ans dans les parties septentrionales de l’Asie, où les conditions climatiques favorisent leur conservation, fait l’objet d’une contribution.

Lien :
http://archeozoo-archeobota.mnhn.fr/spip.php?article200

Contacts :

Marjan Mashkour

UMR 7209 Archéozoologie, archéobotanique : sociétés, pratiques et environnements

Mail : mashkour@mnhn.fr

et

Françoise Le Mort

UMR 5133 Archéorient : environnements et sociétés de l’Orient ancien

Mail : francoise.le-mort@mom.fr

Voir en ligne : Liens vers la publication